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"Calaméo" en force!

Bien le bonjour chers lecteurs!



C'en est fini de ce blog!

J'héberge à présent les chapitres de [e]: BENT sur mon compte "Calaméo", un site vraiment pratique, bien foutu et sur lequel les livres sont agréables à lire. En plus, je suis référencé sur la première page de google si vous ne tapez rien d'autre qu' "e bent" dans votre moteur de recherche. Une garantie d'avoir des visites(?) Un grand merci à celui qui m'a conseillé ce site (il se reconnaîtra s'il passe par ici^^), je ne saurais jamais assez le remercier pour le conseil qu'il m'a donné.

Cependant, je continuerai de publier les illustrations de chapitres ici puisque je ne le peux pas sur "Calaméo" (ce qui est dommage d'ailleurs) et je vous linkerai les chapitres de ce site-là toutes les deux semaines ici-même pour que vous puissiez vous tenir au courant des actualités du [e].

Pour finir, je vous annonce la sortie en retard du [e]: 9, avec mes plus plates excuses. Quel mauvais auteur je fais! Le chapitre est dès à présent visible ici
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#Posté le dimanche 05 septembre 2010 03:36

Modifié le dimanche 05 septembre 2010 05:23

[e]: 9 WRATH

: 9 WRATH
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#Posté le dimanche 05 septembre 2010 04:03

Modifié le dimanche 05 septembre 2010 04:19

[e]: BENT [e]: 8 -Peur-

[e]: 8 -Peur-



- « Un homme 'louche' traine dans Kyôto! », annonça de but en blanc la directrice du club de journalisme, KARL Nia.
Cette jeune directrice n'avait que 15 ans mais était déjà en 3ème année*. Elle avait un visage d'adulte, sérieux et peu expressif, ce qui lui faisait sembler plus âgée. Quand les gens la voyait pour la première fois, tant qu'elle ne parlait pas, sa petite taille et ses longs cheveux de poupée donnait à penser qu'elle avait un âge inférieur à son âge réel. Le génie de Nia ne touchait pas que les études, mais également différents domaines comme la mode et surtout le journalisme qu'elle adorait plus que tout au monde. D'ailleurs, elle aimait dans la mode tout ce qui était mignon, aussi portait-elle souvent de la dentelle, ce qu'elle trouvait adorable. Mais la jupe longue en dentelle qu'elle portait ternissait son image de directrice et encourageait les gens à la voir comme une enfant.
Sous l'impulsion de la déclaration de la directrice, les membres levèrent tous la tête, comme hypnotisés par un signal subliminal. Et là, le signal était « louche. » En effet, qui disait « louche » disait qu'un incident allait se dérouler. Il s'agissait là de matière à faire un article pour nos journaliste en herbe!
- « Quel genre d'homme, Nia tan*? », demanda l'un des membres du club, un jeune homme à lunettes au style rockeur.
Tous se rongeaient les doigts de savoir qu'il existait en ce club quelqu'un qui pouvait non seulement appeler la directrice par son prénom, mais ajouter tan en plus!
- « La police m'a dit qu'il était habillé de façon loufoque », rapporta Nia, « et qu'il possédait une lentille en forme de 8 dans son ½il droit. »
- « 8? », se demanda tout haut le membre qui avait reçu Makino pour son entrée dans le club. « Quelle peut-être la signification de ce 8? »
- « Peut-être que si on transcrit en lettre... » (c'est quoi cette suggestion à la noix!?), hasarda Makino qui était assise à côté de celle qui l'avait fait entrer dans le club.
Makino était maintenant très amie avec cette dernière, pourtant difficile. Mais elle était allée jusqu'à autoriser Makino à l'appeler par son prénom, Aya. Une première!
- « Hummmm... », fit Nia pensive, « que signifierait 'H' dans ce cas? Qu'en penses-tu KIMU san », demanda-t-elle à Aya.
KIMU san réfléchit quelques minutes.
- « peut-être l'hôtel de ville... », supposa Aya.
- « Pourquoi l'hôtel de ville? », interrogea Makino, surprise qu'Aya ait donné une réponse à cette question insurmontable.
- « Réfléchis Makino! », la houspilla sa voisine d'un ton autoritaire.
Makino se retourna les méninges, mais rien n'y fit: elle n'arriva pas à trouver de réponse. Aya eut pitié de Makino qui semblait souffrir le martyr pendant qu'elle cherchait parmi les noms de personnes qu'elle connaissait (quel rapport?)
- « Laisse tomber », lâcha Aya d'un ton acide, « c'est tout simplement parce qu'hôtel commence par 'h'. Mais ça n'est pas tout: ce bâtiment se situe entre deux rues parallèles qui se rejoignent en une ruelle. Ainsi, la configuration des lieux ressemble à un grand 'H'. »
Tous dans la salle sifflèrent d'admiration après avoir entendu l'hypothèse d'Aya.
- « Il ne nous reste plus qu'à nous mettre au boulot! », décréta Nia d'un ton enjoué qui motiva les membres. « Bien, commençons par interroger le personnel de l'hôtel de ville pour savoir s'ils ont vu notre homme. Aya et Makino ne seront pas de trop sur cette affaire. »
Elle marqua une pause, réfléchissant aux membres qu'elle allait affecter aux autres tâches.
- « Hidekazu san! », apostropha-t-elle le garçon aux lunettes et au style rockeur qui dormait à moitié sur sa table.
Ce dernier se réveilla en sursaut, les yeux dans le vague.
- « Pas b'soin de crier Nia tan », calma-t-il notre jeune directrice dont la colère crût à mesure que les mots sortaient de la bouche de Hidekazu.
- « Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça! », s'emporta-t-elle en lui lançant un crayon qu'elle avait sous sa main.
Hidekazu sortit en trombe de la salle, causant le soulèvement de dizaines de feuilles volantes à travers la pièce. Nia se précipita à la porte pour lui assigner sa fonction.
- « Tu t'occuperas de fureter aux alentours de l'hôtel de ville pour voir si tu ne trouves pas notre homme! », cria-t-elle à l'attention du « fugitif. »
- « Roger* », riposta-t-il de l'autre bout du couloir qu'il venait de traverser comme une flèche.
- « Fumio », appela Nia en se tournant vers un garçon retranché au fond de la classe.
Cheveux courts, lunettes vissées sur son nez, d'après sa hauteur, il était d'une taille moyenne. Ce garçon respirait la banalité. Très discret, il pianotait sur le clavier de son PC sans pour autant être remarqué des autres membres. Quand Nia l'appela, il tourna silencieusement la tête vers elle.
- « Toi, je te fais pour garder un ½il sur Hidekazu kun. »
Fumio hocha la tête sans mot dire pendant que tous le regardaient avec des yeux ronds. La directrice avait appelé par son prénom un garçon que tous ne connaissaient ni d'Adam ni d'Eve (bien qu'il eût fait partie du club pendant 1 an), ce qui déclencha un sentiment général de choc mêlé de jalousie. La voix de la directrice les ramena sur Terre.
- « Les autres, vous restez ici afin de chercher les informations nécessaires à la bonne conduite de l'enquête. Je superviserai les opérations ici »
Tous se mirent au travail alors que Nia tournait les talons pour s'engouffrer dans le long couloir qui l'amènerait à la cafétéria...
Keitarô reluquait Ayumi qui finissait de manger. Elle aperçut son manège, mais la vision qu'elle en avait jusque là avait progressivement évolué, et elle ne se sentait plus aussi gênée qu'avant. Peut-être qu'il avait...
- « Un 'ti tour 'près? », marmonna-t-il.
- « Hum », répondit-elle évasivement.
Elle finit de manger et se laissa trainer par Keitarô qui l'emmena dans le jardin qui entourait le bâtiment Zéro.
Les cheveux d'Ayumi lui arrivaient à l'épaule, et elle mettait un point d'honneur à les coiffer correctement et les garder tels quels toute la journée. Cependant, aujourd'hui le vent soufflait fort, alors elle s'était gardée de s'aventurer au-delà des murs du lycée. Pourtant, Keitarô avait réussi à la trainer dehors.
- « Eh bien, je dois vraiment éprouver quelque chose pour lui... », pensa Ayumi pendant que le vent faisait voler ses cheveux en tout sens.
Arrivés derrière le bâtiment, Keitarô se retourna pour faire face à une Ayumi décontenancée par un tête à tête aussi subit.
- « 'Y a quequ'chose qu'je v'lais t'dire », annonça Keitarô entre ses dents.
Ayumi comprit malgré tout. Elle aurait dû s'y attendre venant de la part d'un garçon qui la fixait aussi souvent dans la journée. Elle se sentit tout de même flattée de recevoir une telle demande d'un garçon qu'elle...
- « Est-ce que tu accepterais de... », la coupa Keitarô dans sa réflexion en articulant ses mots avec précaution.
- « Il y a eu une prise d'otage à la banque Ginzei! », cria un élève en courant comme un dératé dans la cour, visiblement excité par la nouvelle qu'il colportait.
Son cri (de joie?) parvint aux oreilles de nos deux tourtereaux qui, trop contents d'échapper à cet instant d'embarras, se précipitèrent à la poursuite de l'élément perturbateur du lycée. Ils le suivirent jusque dans le club de journalisme où il s'arrêta.
- « Il y a eu une prise d'otage à la banque Ginzei! », répéta-t-il à l'intention des quelques personnes qui étaient présentes.
Il communiqua néanmoins cette nouvelle avec moins d'entrain qu'il ne l'avait fait dans la cour, manifestement fatigué de sa course.
- « Nous le savons », déclara Nia, « notre informaticien sur place nous l'a indiqué. »
- « Eh bien, sur place... sur place? », demanda Ayumi, interloquée que la jeune directrice n'ait pas plus d'état d'âme à ce sujet.
- « Oui », répondit Nia d'un ton neutre, « dans la banque. »
- « Hummmmpas d'chance », commenta Keitarô sur le même ton désinvolte.
- « Mais vous êtes fou ma parole! », s'énerva Ayumi qui perdit patience. « un élève de notre lycée est coincé dans cette banque entouré de malfaiteurs, et tout ce que vous trouvez à dire est « nous le savons » ou « pas d'chance »!?
- « Hummmmnon, c'était 'hummmmpas d'chan...' », commença Keitarô.
- « ... Ça suffit! », le coupa Ayumi. « Je ne sais pas pour vous, mais moi je vais sur place! »
Sur ces mots, elle sortit de la salle en claquant la porte, laissant pantois Keitarô et ce qui restait de membres du club de journalisme.
- « Euh... 'plus! », salua Keitarô qui suivit les traces d'Ayumi.
Après quelques minutes durant lesquelles on aurait entendu les mouches voler dans la pièce, Nia se tourna vers son personnel.
- « SAWAGUCHI san, les préparatifs sont prêts? »
- « Oui, KARL san! », répondit avec obédience le dénommé SAWAGUCHI...
- « Que personne ne bouge! », commanda un homme de près de 200 centimètres de hauteur, le crane chauve et habillé comme un touriste.
À la vue de son petit compagnon à tête de fouine, aux cheveux rasés et au style vestimentaire tendance, le personnel de la banque Ginzei ainsi que leurs clients se turent et se mirent à plat ventre contre le sol. En effet, la « fouine » pointait une mitraillette Hafdasa C-8 sur les gens maintenant allongés sur le sol, tremblant de peur. La montagne avança en direction des caisses.
- « Vous là! », aboya-t-il sur un homme d'une quarantaine d'années aux cheveux poivre et sel couché derrière le comptoir. « Remplissez-moi le sac! », ajouta-t-il sur le même ton en jetant ledit sac au pauvre homme.
Pendant que l'employé de banque fourrait dans le sac l'argent de sa caisse, Fumio, planqué dans la chambre des coffres avec un autre employé de banque, tapotait sur le clavier de son PC portable, un Toshiba Qosmio XX-3A. Il était en pleine conversion du système de sécurité de la banque vers un « Code 0. » D'après lui, les bandits avait bloqué l'alarme de la banque sur un « Code 3 », donc si un employé venait à sonner l'alerte, ce serait la police d'Ayabe* qui rappliquerait. Pendant sa man½uvre informatique, il était en contact permanent avec le club de journalisme. Ainsi, s'il arrivait quoique ce soit, il pouvait les informer le plus vite possible.
- « Vous voulez toujours la clé? », demanda tout à coup l'employé qui était accroupi à côté de Fumio.
- « Je l'avais oublié lui... », pensa le jeune homme avant de hocher la tête.
L'employé s'affaira à la recherche du coffre correspondant à la clé. En l'état actuel des choses, il allait passer une bonne trentaine de minutes à trouver le coffre. La panique est le pire ennemi de la patience...
- « Qu'est-ce tu fais, toi! », beugla le géant à l'attention d'un client qui avait un peu trop remué à son goût.
- « Je... je... », bredouilla le client.
Le géant se précipitait sur sa proie pour lui asséner ce qui allait être un sérieux coup sur le tête quand une voix retentit.
- « Police! Que personne ne bouge! »
Le géant, affolé, fit une volte-face afin de localiser la source de l'injonction. Pourtant, il ne vit rien qui puisse l'effrayer. Il recula malgré tout.
- « Eh Ame! », appela-t-il son compagnon armé sans détourner les yeux du point d'origine de l'ordre. « T'as entendu comme moi, là. Non? »
- « Ouais », répondit l'homme appelé Ame en balayant les environs du regard, « mais y a rien là! »
- « Nous encerclons actuellement la zone entourant la banque », reprit la voix, « alors nous vous conseillons de vous rendre immédiatement ou dans les plus brefs délais! »
Ame posa son regard perplexe sur le géant. Le géant affichait un air angoissé.
- « C'est pas possible! », s'alarma-t-il. « Tarô kun nous a dit qu'il avait... »
- « ... Il l'a fait! », s'énerva Ame. « Il l'a fait... », reprit-il plus calmement. « Tu ne comprends donc pas que c'est un leurre? »
- « Un quoi? », demanda bêtement le colosse.
A ce moment là, une détonation se fit entendre de dehors. Les deux bandits de précipitèrent vers les portes automatiques de la banque...
- « C'est bon, j'ai converti! », s'exclama Fumio qui s'empressa d'en informer par écrit les membres du club de journalisme.
- « la police peut être là-bas dans combien de temps? », affichait l'écran de discussion du PC d'Hidekazu.
- « Je viens d'activer l'alarme, elle devrait être ici sous 3h au plus tard. »
- « Essaie de gagner du temps en attendant. »
Hidekazu sortit du sac à dos, qui pendait à une patère à l'entrée de la salle des coffres, un appareil dont les fils sortaient de partout.
À ce moment-là, l'employé revint, une clé à la main.
- « Merci », dit Hidekazu en prenant la clé des mains du banquier. « Maintenant, il vaut mieux que vous restiez ici. »
- « D... d'accord », balbutia le salarié.
L'informaticien en herbe se dirigea vers le hall où se trouvaient les bandits...
- « Alors c'était donc toi! », se récria le titan en découvrant une Ayumi postée devant l'entrée déserte de la banque, un mégaphone à la main.
Ayumi ne leva pas même les mains devant Ame et sa mitraillette menaçante.
- « Relâchez tout », Ordonna-t-elle simplement.
Le deux compères se regardèrent avant de s'esclaffer.
- « Tout? », demanda Ame en abaissant sa mitraillette, soulagé de voir qu'il faisait face à une héroïne du dimanche.
- « Eh bien oui, tout », confirma Ayumi, lançant un regard de défi à l'homme chétif qui lui faisait face. « Les otages et l'argent. »
- « Les otages? », la sonda Ame.
Ayumi le regarda d'un air incertain. Elle ne savait pas si elle devait ou non prendre au sérieux la remarque.
- « Alors! », s'impatienta l'immense bandit derrière elle.
Il l'incita à parler d'un petit coup de coude.
- « Le... les personnes retenues à l'intérieur », révéla (?)-t-elle en se massant le dos.
- « Quelle chance! », se dit-elle en son for intérieur, « ils sont demeurés! »
Les deux bandits se regardèrent d'un air d'incompréhension.
- « On n'a pas pris d'otages! », s'indigna presque Ame.
- « Eh bien, si vous le dites... »
Finalement, Ayumi s'amusait beaucoup...
- « Hummmm'dois être Fumio? », interrogea Keitarô alors qu'il croisait le membre du club de journalisme en route pour le hall.
- « Euh... ouais, c'est moi », confirma Fumio, méfiant. « Et tu es...? »
- « YAMADA. »
- « Ouiiii... Mais encore? »
- « HummmmYAMADA Keitarô, lycée Tenmaru. »
- « Ok, va surveiller le type dans la salle des coffres, qu'il ne fasse pas une bêtise. C'est tout droit », ajouta-t-il en montrant du doigt le bout du couloir qu'il venait de traverser.
Sans plus de bavardage, Keitarô fila vers la salle des coffres. Fumio, lui, continua sa route jusqu'à l'entrée du hall et brancha sur son PC l'appareil tentaculaire qu'il avait sorti de son sac plus tôt. Il s'assied et commença à pianoter sur le clavier de son Toshiba...
- « 'jour, j'suis avec vous », se présenta Keitarô au pauvre banquier terrifié. « Hummmmj'vais rester un peu. »
- « Qu'est-ce que vous manigancez exactement? », demanda le nouveau compagnon de Keitarô.
- « 'cune idée. »
- « Comment ça? Vous n'êtes pas avec eux? »
- « Flemme d'expliquer... »
Avec Keitarô à ses cotés, l'employé eut toutes les peines du monde à ne pas céder à la panique...
- « Eh mais c'est qui ce gamin!? », s'écria Ame alors que Fumio courait dans le hall, au vu et au su de tous.
Après un sprint de 3 mètres, il se laissa glisser au sol et brancha l'un des autres fils de son appareil à une prise sous un comptoir destiné aux clients. Puis toutes les lumières de la banque sautèrent. Les malfaiteurs se hâtèrent pour maîtriser le jeune informaticien responsable de la panne. Ayumi profita de l'obscurité pour se mettre à la recherche de l'objet qui leur permettrait de finaliser l'accomplissement de leur objectif...
- « Envie d'pipi », sortit tout de go Keitarô, « où sont les toilettes? »
- « Si vous vous dirigez vers le hall, vous en trouverez la porte sur le mur à votre gauche », expliqua le compagnon de Keitarô.
Keitarô se mit donc en route, ne pouvant plus se retenir. Il suivit le long couloir d'où il était venu en jetant un coup d'½il à sa gauche de temps à autre. Il finit par trouver les toilettes. De luxueuses toilettes, lui qui était habitué à une vie moyenne. Il en sortit avec une vision élargie de la vie.
- « Salut. »
Keitarô se retourna et reconnut le garçon à la mèche blanche de la dernière fois.
- « 'Lu. Qu'est-ce tu fais là? »
- « Je viens pour voir de mes yeux le fameux cobaye dont 'il' m'a parlé. »
- « Cobaye? »
- « Tu l'apprendras bien assez tôt... au fait, je m'appelle KAKERO Tarô », se présenta Tarô en tendant sa main à un Keitarô bouleversé par les paroles de son interlocuteur.
Keitarô serra la main de Tarô avant qu'un coup de feu ne retentisse. Keitarô se précipita vers le hall, lieu d'où provenait la décharge, pour découvrir la scène sanglante: Fumio se tenait debout, le ventre couvert de sang, et il pressait la plaie avec sa main sans réelle conviction, les yeux déjà dans le vague.
- « Fumio! », cria Keitarô, horrifié, avant de reculer devant Ame qui pointait son arme vers lui.
- « Eh Bakazuki, il y en avait un autre ici! », prévint Ame en avançant vers Keitarô qui sentait la peur monter en lui.
- « Tu sais, j'ai juste utilisé un coup pour ton ami, et tu as vu dans quel état il est? Je me demande ce qu'il adviendrait de toi si je te mitraillais avec cette belle bête... »
Ame pointa son arme sur Keitarô à bout portant et appuya sur la gachette. Derrière Ame gisait à présent le corps sans vie de Fumio, une vision qui accentua encore plus la peur de Keitarô. Il sentait déjà la vie le quitter.
- « Tant mieux », se dit-il, « je ne veux pas sentir ça! »
Ame n'eut cependant pas le temps de finir son geste qu'il fut projeté en arrière:  c'était Hidekazu, le membre du club de journalisme qui avait été dépêché en mission avec Fumio. Bakazuki l'attrapa, brisant l'effet de surprise de son arrivée. Il le jeta contre une des nombreuses colonnes qui peuplaient le hall, puis se tourna vers Keitarô pour achever le boulot de son compère.
- « Eh, gros baka*! », lança une petite voix derrière la montagne.
Il se retourna pour voir ses yeux atomisés par l'effet du spray anti-agression de Makino. Aya pensa achever le « gros baka » d'un coup de pied bien placé, mais il se redressa, brassant l'air de ses grands bras au hasard. Il envoya ainsi valser la petite Makino et Aya qui atterrirent quelques mètres plus loin.
- « Ouillouillouille! », se plaignit Makino tandis qu'Aya se relevait doucement.
Bakazuki continua d'avancer vers Keitarô. Son poing fendit l'air pour aller assommer (ou plus probablement tuer) notre Keitarô, mais son geste s'arrêta net. Puis Le colosse s'affala de tout son long par terre dans un bruit sourd.
- « Pas de bobo, Keitarô? », demanda Ayumi, un extincteur dans les bras.
- « Je savais bien que les chaussures réglementaires de Tenmaru étaient dangereuses pour la vie d'autrui », paisanta Aya, encore un peu sonnée mais debout et en pleine forme, « mais les extincteurs, c'est le plus sûr! »
- « Fumio! », hurla Hidekazu, éclatant en sanglots.
Il se hâta aux côtés de son ami et le prit délicatement dans son bras, l'autre occupé à se saisir de son téléphone portable pour appeler une ambulance.
Pendant que tous faisaient évacuer les otages, Keitarô, à peine remis de sa frayeur, se tourna vers le couloir dont il avait émergé.
- « 'Cobaye', hein...? il se passe des choses de plus en plus bizarres dans cette ville... »

... To be continued ...
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#Posté le samedi 07 août 2010 13:39

[e]: 7 -Désir-

Le lendemain, rien de spécial ne changea au premier abord: Keitarô eut du mal à se lever, pris d'une « flemmingite aiguë ». Il finit quand même par descendre les escaliers, débraillé et le regard dans le vide. Sa mère sourit à la vue de cette scène pitoyable.
- « Coucou Keitarô kun! », lança Makino en sautant sur notre narcoleptique alors qu'il franchissait tranquillement le portail du lycée.
À croire qu'elle l'espionnait! Keitarô ne se débattit pourtant pas, trop fatigué pour faire gonfler ses « muscles ».
- « Bonjour vous deux », salua poliment Ayumi alors que Keitarô s'approchait des casiers à chaussures flanqué de Makino accrochée à son bras. « Puis-je te demander ce que tu fais Makino chan? »
- « Je profite de ma jeunesse^^ », répondit-elle tout sourire (mais c'est quoi ce smiley?!).
- « Ouais bah tu peux tout aussi bien en profiter en silence morveuse! », lança le furyô* de la A-1.
Keitarô se demanda d'où pouvait bien sortir ce délinquant qui semblait prendre la direction de sa classe.
- « Il était derrière toi en classe hier^^ », informa Makino alors que Keitarô se faisait la réflexion tout haut (mais par pitié Fantôme Errant, arrêtez donc avec ces smileys!).
- « mmmmuh... », fit Keitarô en réponse.
Ces 4 personnages caractériels entrèrent à la file indienne dans la salle de classe. Les élèves, discutant en groupe jusqu'ici, s'arrêtèrent net en voyant entrer ces curiosités. Bien sûr, chacun de ces personnages ne provoqua pas le même sentiment chez leurs camarades: le furyô suscita la peur et le désarroi, la vue de Keitarô laissa quelques bâillements chez les élèves, Makino et Ayumi, elles, envoûtèrent la classe de leur présence rafraîchissante.
Tous eurent du mal à reprendre contenance après une entrée si remarquée.
- « Ils étaient tous absents hier? », interrogea Ayumi avec courtoisie mais d'une voix assez forte pour que tous puissent entendre et se sentir idiots.
Makino fut la seule à ne pas comprendre la man½uvre (les RPGs* n'enseignent pas ces subtilités... il faut te mettre aux Garuge* Makino!).
- « Bah non », répliqua-t-elle, « tu as bien vu que la classe était complète. Le prof a même fait l'appel », compléta-t-elle, fière d'avoir retenu ce passage de la journée de la veille.
Le professeur mit fin aux bavardages en entrant dans la classe. C'était HAUSSMANN sensei, un étranger professeur de japonais.
- « Bonjour à tous! », lança-t-il de son habituel ton enthousiaste, bien que sa mine était en parfaite opposition avec son ton.
- « Bonjour! », répondirent ses élèves avec une allégresse qui fit écho aux salutations de Friedrich.
Bien entendu, il fallait ajouter un ^^ de la part d'une certaine élève (je suis exaspéré Fantôme Errant...).
Le professeur commença son cours. Keitarô, lui, laissa son esprit vagabonder jusqu'à ce qu'il heurte une interrogation qui se présentait sous la forme d'un mur infranchissable: qui était cet étrange personnage qu'il avait rencontré la veille? Qu'avait-il voulu dire par « Évènement Mystère »? Bah... après tout, se poser des questions ne l'amènerait à rien. L'esprit de Keitarô continua donc son vagabondage le reste de la journée, mais seulement dans la zone confinée par le mur.
- « Bonjouuuur!^^ », aborda assez brusquement Makino en entrant dans le club de journalisme.
La journée terminée, Makino était allée s'inscrire dans le club de journalisme en laissant Keitarô rentrer tranquillement.
Malgré l'entrée fracassante de Makino, Les membres du club n'arrêtèrent pas leurs activités respectives.
- « Je sens que je vais non seulement aimer ce club », murmura Makino pour elle-même, « mais aussi ses membres^^ » (oui, mais ce n'était pas sûr que ses membres t'apprécient jeune fille!)
Voyant que personne ne faisait attention à elle, Makino promena son regard à la recherche d'une chaise libre sur laquelle s'asseoir en attendant que l'un des membres fut libre.
Ayumi, elle, avait décidé de faire les boutiques pour renouveler sa garde-robe. Elle remontait la rue marchande quand elle aperçut un drôle de type observer l'endroit avec attention. L'homme était habillé avec une fantaisie sans précédent pour la délicate Ayumi. Les yeux de cette dernière semblèrent lui brûler tellement la couleur des vêtements de l'inconnu était criarde. En effet, il portait une veste magenta clair déboutonnée au niveau du torse, ce qui laissait entrevoir une belle portion de la poitrine de l'individu. Ayumi put ainsi remarquer qu'il n'était pas spécialement musclé, et se demanda donc la raison d'un tel spectacle. Elle éluda la question pour se concentrer à nouveau sur l'apparence de l'excentrique. Il portait un jean de style cowboy terni par sa couleur: un orange vif provoquant une cacophonie colorée avec la veste magenta clair. De ce fait, les lanières qui pendaient du jean étaient d'un ridicule consommé. Et pour couronner le tout, le seul habillement décent qu'il portait était également dissemblable avec le reste: des Nabrand. Ces chaussures hors de prix allait en quelque sorte avec ses vêtements tout en accentuant le ridicule de cette disharmonie. C'était un étranger à en croire ses cheveux blonds et son ½il gauche d'un bleu qui évoquait le ciel. Ses vêtements n'étaient cependant pas le point sur lequel Ayumi s'était arrêtée. L'homme possédait effectivement un ½il droit dont l'iris était d'un rouge saisissant. On aurait dit qu'une rose avait fleurie dans cet ½il. Mais ce n'était pas tout: la pupille de cet ½il prenait la forme d'un 8! Ayumi pensa qu'il s'agissait d'une lentille, mais une question subsista néanmoins dans l'esprit logique d'Ayumi: « pourquoi n'avait-il qu'une lentille? ». « Eh bien, ce devait être un autre accessoire excentrique », conclut Ayumi, refusant de prendre au sérieux un individu portant de telles frusques.
- « Oui? », aborda sèchement l'une des membres du club de journalisme.
Makino, absorbée dans la contemplation du « Mur des Horreurs »*, tourna la tête vers la fille à la mine sévère qui la regardait avec mépris. « Qu'est-ce que c'est que cette loli*?! », s'indigna la journaliste en herbe en son for intérieur. « Je n'en veux pas dans ce club! ». Makino, quant à elle, lança son plus beau sourire à l'inconnue qui lui faisait face.
- « Je voudrais faire partie du club^^ », annonça Makino avec son entrain habituel (vous avez dû remarquer que le smiley représentait cet entrain...).
- « Vos nom, prénom et motivation », exigea l'interlocutrice d'un ton autoritaire.
Aucun des autres membres ne souffla mot, vacant à leurs occupations.
- « Euh... », bredouilla Makino, désorientée, « SUZUKI Makino. Je suis intéressée par les mystères, alors j'ai cru bon d'entrer dans ce club... »
L'inconnue lui jeta un regard perplexe, ne sachant pas si elle devait prendre la réponse comme une blague ou un propos des plus sérieux.
- « Vous êtes prise », communiqua-t-elle.
Makino, surprise, n'ouvrit la bouche qu'une minute plus tard.
- « V...vraiment? », balbutia-t-elle.
Son interlocutrice s'était déjà détournée de Makino pour retourner au travail.
- « Ne me fait pas regretter ma décision », rétorqua-t-elle en se retournant pour regarder Makino du coin de l'½il.
Makino se tut, intimidée.
Ayumi avait fait ses achats et était maintenant surchargée de paquets qu'elle avait bien du mal à stabiliser entre ses bras.
- « Pop! », lança un homme, en surgissant de l'angle mort de la fille du directeur de Tenmaru.
Ayumi, surprise, poussa un petit cri et manqua de tomber à la renverse. Malgré tout, quelques paquets lui glissèrent des mains, réceptionnés par l'inconnu dans une démonstration de ses réflexes extraordinaires.
- « Eh bien, Ça ne va pas! », tempêta Ayumi contre l'homme.
Pendant que notre acheteuse compulsive sermonnait l'imprudent, ce dernier lui souriait comme pour se moquer d'elle. Ce comportement n'énerva que plus Ayumi, et elle rouspéta de plus belle. Soudain, elle s'arrêta.
- « Mais... je vous reconnais vous! », se récria-t-elle, étonnée d'avoir identifié l'inconnu. « Vous êtes le tordu de tout à l'heure! »
- « Oh? », fit le « tordu de tout à l'heure », « pourquoi 'tordu'? Tu me vexe là, ma jolie! »
Ayumi remarqua son timbre de voix mélodieux, chose rare chez les hommes. De plus, il fallait dire qu'il parlait plutôt bien japonais pour un étranger. Mais après tout, c'était également le cas de HAUSSMANN sensei.
- « Eh bien, vous vous habillez comme un tordu, alors vous ÊTES un tordu! », expliqua-t-elle.
- « On me dit souvent que je ne sais pas m'habiller », soutint « le tordu », « mais je trouve plutôt que je me démarque des autres. C'est une bonne chose dans un pays aussi uniforme. Après tout, on a chacun notre caractère, alors pourquoi ne pas l'exprimer à travers la manière dont on s'habille? »
Ayumi trouva la répartie très juste
- « C'est une lentille que vous portez? », s'enquit-elle.
- « Quelles sont les probabilités que j'en porte une? », répliqua l'intéressé.
Ayumi ne trouva rien à répondre à cette question tout aussi bizarre que ne l'était celui qui l'avait posée.
- « Bon, je vois que tu n'es pas disposée à me répondre », abandonna le « tordu ». « Dis-moi, je te parlais des vêtements associés au caractère de chacun il y a quelques minutes. Eh bien figure-toi que j'ai ici un collier que je pense fait pour toi. »
Sur ces mots, il sortit de sa poche un collier.
- « Qu'est-ce que tu en pense? », interrogea-t-il une Ayumi décontenancée par le tournant des évènements.
Keitarô était rentré chez lui et faisait ses devoirs en somnolant quand sa mère lui apporta son goûter: des cookies tout chauds qu'elle venait de faire. YAMADA Hana était une mère attentionnée qui savait ne pas pousser cette attention à l'obsession. Elle connaissait son fils mieux que quiconque, et même mieux que lui-même. Ce savoir était le fruit de longues années d'observation. Hana était très observatrice, une déformation professionnelle utile car elle emmagasinait du coup plus de données qu'une personne normale et pouvait ainsi s'en servir ultérieurement. Elle s'était donc aperçu de la confusion qui s'était emparée de son fils malgré son air constamment amorphe.
Et en effet, Keitarô avait beau reléguer ses pensées concernant l'homme au « Pop » (le surnom peu original qu'il avait trouvé à l'inconnu rencontré la veille), ses souvenirs faisaient ressurgir à sa mémoire des détails qui lui paraissaient primordiaux. Du moins, « primordiaux » à son subconscient car consciemment, il n'avait trouvé aucun lien logique entre cet homme et sa propre vie. Il ne restait plus pour Keitarô qu'à fermer ses yeux et ne plus penser à rien.
C'est le lendemain, en abîmant un peu plus son réveil en frappant dessus pour l'éteindre, que Keitarô s'aperçut qu'il s'était endormi sans finir le dernier exercice de mathématique, le numéro 8, qui concernait les probabilités. Il plia la couverture dont sa mère l'avait drapé puis se prépara pour le lycée.
- « Keitaroooo! », s'écria Makino, la petite excitée, en sautant sur un Keitarô en pleine phase de réveil (elle ne savait vraiment pas choisir son moment celle-là...). Comme d'habitude, elle l'avait attendu à l'entrée du lycée.
Après l'étreinte à la limite du harcèlement, Makino conta son aventure de la veille au club de journalisme. Keitarô se dit que les membres de ce club sauraient la doucher un peu, histoire qu'elle mette un peu son caractère enflammé au placard.
- « Tu y crois toi? », questionna Makino, une fois son histoire terminée.
Ayumi arriva à point nommé pour sauver Keitarô du bavardage infernal de Makino. Qui plus est, Ayumi était apparemment venue aujourd'hui dans une tenue quelque peu relâchée: elle avait déboutonné sa veste pour laisser entrevoir son cou d'un blanc d'ivoire à faire rêver plus d'un homme. Elle avait manifestement fait en sorte que le collier qui pendait à con cou soit visible. Ce collier représentait l'écusson de Tenmaru, ce qui ressemblait bien à Ayumi, fille du directeur de ce lycée. Grâce à ce collier, Keitarô était en transe devant la beauté étincelante d'une Ayumi épanouie.
Ayumi dut se rendre compte du regard lubrique que lui portait Keitarô car elle le réprimanda.
- « Dis-donc toi! Tu n'as pas autre chose à regarder? »
- « Mmmmouais, 'solé », marmonna Keitarô, pas le moins du monde honteux de sa conduite.
- « Eh, Ayu chan! », appela Makino. « Tu ne devineras jamais! »
Les deux filles s'éloignèrent en direction de la A-1, plantant sur place un Keitarô qui se remettait doucement du choc que lui avait causé une Ayumi si entreprenante.
De toute la matinée, il ne put détacher son regard d'Ayumi. Son amour pour elle avait redoublé depuis qu'il lui avait vu une portion de peau si importante.
- « Super ton collier », complimenta Keitarô en voyant Ayumi arriver.
La pause déjeuner était le seul moment de la journée durant lequel Makino, Ayumi et Keitarô se réunissaient. A part le midi, ils ne se voyaient pas beaucoup puisque chacun avait ses propres occupations après les cours.
- « Merci », répondit Ayumi, « on me l'a offert hier. »
- « Ah bon? », fit Makino, surprise. « Qui ça? » (on voit tout de suite la journaliste à la manque).
- « Eh bien, un drôle de bonhomme si vous voulez mon avis... »
Keitarô repensa, encore une fois, à sa rencontre de l'avant-veille.
- « Il portait de drôles de lentilles et était habillé n'importe comment... », décrivit Ayumi.
L'intérêt de Keitarô fut piqué au vif.
- « Drôle d' lentilles, tu dis? », rétorqua-t-il. « Pourquoi? »
- « Eh bien, je dis 'drôles de lentilles', mais c'est plutôt 'drôle de lentille' que je devrais dire. Elle logeait dans son ½il droit et teintait son iris de rouge avec une pupille en forme de 8! »
- « Hummmmj'le connais c'te gars », annonça Keitarô de son calme habituel.
Pourtant, son c½ur n'était pas aussi calme que son visage le laissait paraître, et la tournure que prenait les évènements le perturbait...
Dans un entrepôt abandonné, quelque part dans Kyôto, trois bandits discutaient de leur prochain coup.
- « J'ai repéré une banque pas trop surveillée dans le quartier est », informa le plus grand des trois, « qu'est-ce vous en dites les gars? »
L'homme était assez grand:  dans les 1m90, et costaud: une centaine de kilo. Il était chauve, donc seuls ses yeux pouvaient attester de sa nationalité japonaise. Il portait un marcel, un bermuda et des tongs, lui donnant l'aspect d'un véritable touriste. Malgré son physique de brute, il avait l'air d'être le cerveau de la bande.
- « Oui, ça a l'air d'être un bon coup ça! », approuva le deuxième larron.
Ce dernier avait une tête de fouine avec ses petits yeux et ses cheveux rasés qui accentuaient la finesse de son visage. Il portait une belle chemisette en coton à manches courte avec un jean parsemé de rayures délavées lui donnant du style. Il avait l'air prêt à accepter toutes propositions venant du « costaud ».
Le troisième était dans l'ombre, et ce ne fut que quand il parla qu'on remarqua ça présence.
- « J'ai justement deux trois amis à qui je dois rendre visite dans ce quartier... »

... To be continued ...

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#Posté le samedi 24 juillet 2010 14:46

[e]: 6 -Déclenchement- (V.2)

: 6 -Déclenchement- (V.2) - « Keitarou? »
- « Oui? »
- « Est-ce que tu as une petite amie? » (Genre on ne sait pas où elle voulait en venir...)
- « Non. »
- « Je vois... »
Makino était tellement rassurée par cette révélation qu'elle faillit en pleurer de joie. Comme elle l'avait prévu, elle déposerait sa lettre dans le casier à chaussure* de Keitarou après les cours. Le professeur entra dans la classe et les élèves se turent.
- « Aujourd'hui, nous allons étudier le mot Bakudan, fit-il avec son éternel enthousiasme.
Keitarou profitait de ce cours pour consulter la liste des clubs que proposait Tenmaru. Ayumi-chan lui avait donné cette liste pour qu'il ne reste pas à ne rien faire après les cours. « Super... », pensa-t-il avec enthousiasme.
- « Tu as choisi? », fit une voix à côté de lui.
- « Bah je vois rien d'interess... », commença Keitarou avant que ses yeux ne tombent sur le club de course.
- « Tiens, de la course. Je vais m'inscrire à ce club. »
- « Tu en a déjà fait? », continua son voisin.
- « Hummmouais, 'peut dire ça... »
Keitarou eut un mauvais pressentiment et tourna la tête un instant pour confirmer ce pressentiment. Il tomba nez à nez avec HAUSSMANN-sensei.
- « Que dirais-tu que je t'accompagne jusqu'à l'Arène des Activités tout à l'heure? », lui proposa-t-il. « Tu ne sais pas encore où elle se trouve, n'est-ce pas? »
- « Hummmnon, 'k", répondit Keitarou, toujours aussi décontracté malgré la situation gênante dans laquelle il se trouvait.
Friedrich reprit son cours devant ses élèves ahuris. Keitarou se disait que reprendre la course pourrait être amusant. En effet, cela lui avait plutôt bien réussi à l'époque où il courait. Il se demandait néanmoins s'il avait gardé sa forme.
Midi sonna. Keitarou, qui voulait se dégourdir un peu les jambes en vue d'un éventuel test d'aptitude pour entrer dans le club de course, partit se promener. Dehors, il pleuvait. - « 'n'est pô en juin* », remarqua Keitarou.
Il changea son programme et resta finalement à l'intérieur. Ça tombait bien, il n'avait pas encore visité les autres étages du bâtiment Zéro.
Arrivé au troisième étage, il passa devant la C-3 devant laquelle il entendit un bruit provenant de l'intérieur. Makino avait pourtant précisé que cette salle n'était plus utilisée depuis ce que les élèves avaient nommé l'Affaire de la C-3. Il s'approcha de la porte puis y colla son oreille pour capter d'éventuels bruits suspects. C'est alors que, par la pression que Keitarou exerçait sur la porte, elle s'ouvrit d'un coup. Keitarou, emporté par son élan, se retrouva projeté dans la salle où il finit étalé de tout son long. Dans la pénombre de la pièce aux volets fermés, Keitarou distingua une fenêtre grand ouverte. Cette dernière, avec la pression de l'air qui filtrait par son ouverture, avait sûrement été poussée dans le meuble installé devant. C'était la chute inéluctable de ce meuble qui aurait causé ce bruit. A part ce meuble, la salle était vide. Seul le tableau affichait encore l'espoir d'être un jour utilisé à nouveau.
Contrairement à beaucoup de gens, Keitarou était aussi calme à la lumière que dans le noir. Généralement, les gens avait peur du noir parce qu'ils croyaient en l'existence d'entités telles que les Jibakurei. En effet, s'ils tombaient sur une entité pareille, cela remettrait en cause leur logique. C'est difficile, voire impossible pour l'Homme, de se passer de sa rationalité. Pourquoi? Parce qu'il est ancré dans un monde régi par la rationalité. Parce que le temps et l'espace sont les gardes-fou d'un être multi-complexe. Mais Keitarou, lui, semblait faire miroir à cette logique. C'est pourquoi, sans précipitation, Keitarou ferma tranquillement la fenêtre. Puis il retourna, après avoir fermé la porte, à sa visite des étages.
Keitarou avait encore du temps devant lui avant la reprise des cours, il se décida donc à aller à la cafétéria du lycée pour s'y acheter de quoi faire un bon repas. Il alla apprécier son déjeuner dans la salle de classe qui était étrangement pleine. Il trouva des compagnes de repas en la personne de Ayumi et Makino qui avaient presque fini de manger.
- « Dis, Keitarou... », commença une Makino à la recherche d'un deuxième repas. « Tu me donne tes onigiri? » (au début, elle vous prend la main, puis elle vous mange le bras...)
Après avoir fini son demi-repas, Keitarou se sentit à demi prêt pour les deux heures de cours qui l'attendaient. Finalement, ces deux heures passèrent vite et Keitarou sortit du bâtiment Zéro, résolu à aller s'inscrire à la course dans l'Arène des Activités.
- « Tu n'avais tout de même pas l'intention d'y aller sans moi? », demanda Friedrich qui venait de rattraper Keitarou juste avant qu'il n'entre dans l'Arène des Activités.
- « Huummmnan, nan, prof'seur. »
A l'entrée de l'Arène des Activités, Friedrich sentit un frisson d'excitation lui parcourir l'échine. C'était l'effet de l'ambiance régnant dans le bâtiment. D'ailleurs, c'était pourquoi le nombre d'inscrits à un club était assez important à Tenmaru. En effet, il fallait savoir que, même si un élève n'avait pas l'intention de participer à un club, il avait toujours la curiosité d'aller voir comment se déroulaient les activités des clubs. Les moins curieux, quant à eux, suivaient la masse.
Une telle ambiance prenait son origine dans la configuration même de la Terre. En effet, le noyau de la Terre n'était pas rond comme beaucoup de gens le croyait, mais ovale. Les deux Pics Majeurs* de ce noyau étaient justement les deux pôles terrestre :le pôle nord et le pôle sud. Mais il existait également des irrégularités à la surface du noyau terrestre :des Pics Magnétiques*. Il n'atteignaient pas un degré de magnétisme aussi élevé qu'un Pic Majeur mais n'était pas non plus négligeable. Il existait de ce fait des endroits soumis à un magnétisme plus intense que d'autres car construits sur un Pic Magnétique. C'était par exemple le cas de Shibuya* qui concentrait un nombre impressionnant de gens, surtout des jeunes, une tranche de la population très sensible aux fluctuations électromagnétiques. L'Arène des Activités avait elle-même été construite sur un Pic Magnétique.
Cependant, Keitarou n'était pas du genre à être influencé par le magnétisme des lieux. Non, ce qui l'avait amené ici était une seule et unique chose:

Ses sentiments

Il frappa à la porte du local appartenant au club de course.
- « Entrez », lui répondit-on de l'intérieur.
Keitarou et Friedrich entrèrent. Face à eux se dressaient, au fond de la salle, un tableau et un jeune homme qui y écrivait ce qui semblait être le programme de l'entraînement. Le jeune homme se retourna. Il semblait âgé de quelques années de plus que Keitarou, d'où une certaine assurance qui se dégageait de sa voix et de ses gestes.
- « Je vous en prie, asseyez-vous », proposa-t-il avant de continuer à écrire sur le tableau.
- « Je suis HAUSSMANN Friedrich, professeur de japonais », commença l'homme à la mine épuisée. « J'accompagner l'un de mes élèves qui a l'intention de faire partie de votre club. »
- « Je vois », fit leur interlocuteur tandis qu'il finissait de rédiger ce qui était, apparemment, une liste de noms, sur le tableau. « Quel est ton nom? », demanda-t-il à l'attention de Keitarou.
- « YAMADA Keitarou », répondit notre flegmatique personnage d'un air détaché tout en examinant le local.
Le jeune homme nota le nom aux côtés des autres noms déjà inscrits sur le tableau.
- « Bien », commença-t-il en se tournant face à ses interlocuteurs. « Justement, il nous manquait un membre. Je suis MANAKA Daichi, manager du club. Le président est absent donc je vais me passer de son avis et t'engager. Bien sûr, il faudra que tu me satisfasse avant. Je vais te chronométrer sur un cent mètres si tu veux bien. »
- « Ok », lança Keitarou au jeune homme qui n'avait pas la langue dans sa poche.
D'après la tête du senpai*, Keitarou pronostiqua un bon temps. En effet, Daichi laissait voir un visage déconfit quand il regarda son chronomètre, alors que Keitarou franchit la ligne d'arrivée. Cependant, il s'approcha de lui avec son habituelle allure fière.
- « C'est un temps correct », annonça-t-il en s'efforçant de cacher sa surprise. « Bien », continua-t-il, « Reviens lundi, on commencera l'entrainement pour la fête du sport. »
Sur ces derniers mots, il quitta un Keitarou essoufflé. « L'était temps que j'm'y r'mette », pensa-t-il.
Le ciel commençait doucement à s'assombrir. Keitarou put apercevoir, en levant la tête, qu'une éclipse était la cause de cette nuit soudaine. « J'espère j'srais à temps à la m'son avant qu'y fasse complèt'ment nuit », pria-t-il. Mais il en fut autrement.
Pendant que Keitarou se perdait dans les rues de Fukuchiyama*, les présentateurs télé s'évertuaient à rassurer les habitants. En effet, ces derniers ne comprenaient pas pourquoi des chaînes nationales publiques aussi compétentes que la N.H.K ou encore la récente Gya-Gya Company ne les avait pas avertis plus tôt. La raison en était simple: cette éclipse n'était nullement programmée.
- « Bordel! Mais c'est quoi cette histoire! », grondaient certains patrons d'entreprise pris au dépourvu.
- « Bouge ta caisse, toi! », s'enervaient certains automobilistes en accompagnant leurs imprécations de coups de klaxon.
- « Oui? », répondirent les quelques milliers d'employés des chaînes de télévision aux standards. « L'éclipse? Non, comme il a été dit, elle n'était pas prévue. Non madame, gardez votre calme madame, tout va s'arranger madame... »
Tel était la nature des humains. Un imprévu dans leur routine quotidienne suffisait à les faire paniquer. Mais bien sûr, comme il y avait toujours l'exception qui confirmait la règle, on pouvait fermer les yeux sur les travers d'une société facilement influençable. Et justement, cette exception était en train de se perdre dans les ruelles labyrinthiques de Fukuchiyama. Keitarou entendait autour de lui les agents municipaux s'activer pour allumer les lampadaires manuellement*. Mais il était déjà trop tard: Keitarou avait abouti dans une petite ruelle qui donnait sur une impasse. Il décida de faire une pause en s'appuyant sur le mur de l'impasse. Il attendrait que les lampadaires éclairent assez sa route pour qu'il ne se perde pas plus. Pendant que Keitarou s'étirait un peu en s'aidant du mur, il entendit un bruit sourd derrière lui.
- « Pop! »
Non, ce n'était pas le bruit d'une bouteille de vin que l'on débouchait mais un être humain qui avait imiter l'onomatopée de l'apparition*. Keitarô se retourna paresseusement pour se retrouver face à un homme dont on ne pouvait pas dire l'âge tellement il était habillé de manière fantaisiste. Bien qu'il ne voyait pas très bien son visage dans la semi-obscurité qui l'enveloppait, Keitarou distinguait une veste ouverte sous laquelle une chemise laissait voir une généreuse surface de peau, un jean ample duquel pendaient des lanières. Keitarou aurait été curieux de voir la couleur de ces « vêtements ». Les agents municipaux finirent d'allumer les derniers lampadaires, permettant à Keitarou, par la même occasion, de confirmer que la couleur des vêtements était horrible et que les vêtements provoquaient entre eux une cacophonie colorée. L'homme portait des Nabrand, des chaussures de riche, autre bémol à son style vestimentaire. Mais ce que Keitarou remarqua surtout, c'était la boucle d'oreille qui pendait à l'oreille gauche de l'inconnu. En effet, elle reprenait l'écusson du lycée Tenmaru. Keitarou s'apprêta à adresser la parole à l'homme qui se tenait calmement en face de lui sans piper mot, lorsqu'il tomba sur ses yeux. Ou plutôt fallait-il parler de son ½il droit: sa pupille avait la forme d'un huit.
- « Z'êtes perdu? », lança tout naturellement Keitarou qui ne se démontait pas pour autant.
- « Non », répondit l'excentrique de son étrange voix, « je venais simplement t'annoncer que tu avais déclenché « quelque chose ».
Keitarou resta perplexe face à ce qui semblaient être les propos d'un désaxé. Oui, les désaxés, ayant perdu la notion de temps et d'espace, avaient de ce fait toujours ce genre de propos incompréhensibles pour les humains dits « normaux ». D'où leur surnom de désaxé, désignant une personne dont l'esprit n'est plus dans l'axe de ce qui est, dans ce contexte, la « normalité ». Il ne s'agissait pas ici de discriminer ce genre de personne, mais simplement avertir le lecteur que Keitarou n'avait rien compris aux propos de son mystérieux interlocuteur.
- « Quequ' chose? », demanda Keitarô instinctivement, bien qu'il savait d'avance que cette discussion ne mènerait à rien.
L'homme parût content, et son beau visage se fendit d'un joli sourire.
- « C'est bien de s'intéresser quand on est jeune », donna-t-il en guise d'explication. « Si tu veux tout savoir, tu vas participer à l' « Evènement Mystère ». N'est-ce pas magnifique? »
- « Oui, j'ai hâte d'y être », fit un Keitarou ennuyé. « Bon, vous m'avertirez de l'avancement de la chose. »
C'est en laissant s'évanouir ces mots dans l'atmosphère que Keitarô se détourna de l'homme et sortit de la ruelle pour reprendre le chemin de chez lui. Il ne se doutait pas de ce qui l'attendait...

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#Posté le vendredi 24 juillet 2009 06:38

Modifié le dimanche 05 septembre 2010 04:29

[e]: 5 -KAKERO Tarou- (V.2)

KAKERO Tarou entame le cinquième jour de sa deuxième année dans un nouveau lycée. Il se balade dans Tenmaru en analysant tout les lieux. Il est indépendant, se lève à l'heure qu'il désire, va aux cours qu'il aime. Il arrive trente minutes après le début du cours d'histoire.
- « Tiens donc? KAKERO-san? Que me vaut votre présence? », demande le professeur.
- « Rien », répond KAKERO.
Le professeur continue son cours. Le cours est fini. KAKERO se promène dans un couloir de Tenmaru.
« Regardez qui voilà! », s'exclame un élève en faisant face à KAKERO.
Ses kouhai* l'entourent.
- « Tu te balade avec ton ami imaginaire, je suppose? », continue l'élève.
Tarou passe son chemin.
- « Eh bien? », crie l'élève dans son dos. « Tu n'as pas le courage d'entendre la vérité, on dirait. N'est-ce pas les gars? »
Tous approuvent. Tarou rentre chez lui pour conclure son projet...
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#Posté le mardi 14 juillet 2009 00:42

Modifié le samedi 21 août 2010 13:44

[e]: 4 -HAUSSMANN Friedrich- (V.2)

[e]: 4 -HAUSSMANN Friedrich-

Un quatrième jour commençait depuis la rentrée des lycées, et Friedrich HAUSSMANN venait à peine de se réveiller qu'il lui restait encore à se laver, puis s'habiller. Il ne prenait pour ainsi dire plus de petit-déjeuner depuis qu'il avait quitter le foyer parental, où son enfance avait été parsemée de petit-déjeuners très chargés, dignes d'une famille de cannibales. En effet, ses parents avaient la manie de lui servir des Knackwurst*, des ½ufs brouillés, des gâteaux, et un café bien fort, et ce, à chaque petit-déjeuner. Le café était servi par son père, un homme viril qui considérait que boire un café bien fort dès le matin signait le démarrage de la journée d'un homme. A présent, Friedrich avait le café en horreur. Quelques temps après avoir quitté le foyer familial, il avait perdu les kilos en trop, gagnés durant cette enfance particulière. Cependant, cette perte de poids n'était pas la conséquence d'un quelconque régime. En effet, descendant d'une lignée de "Schamane"*, ses nuits étaient agitées, le rendant tel un âne. Il était à présent un homme maigre aux cernes proéminentes, dont les fabuleuses connaissances, acquises au fil de ses années de voyage, s'effaçaient au hasard des jours. Le cliquetis des clés que sortit Friedrich fit échos à celui des clés de son voisin.
- « Bonjour! », fit Friedrich avec enthousiasme à son voisin en fermant sa porte.
- « Ah! Bonjour Haussmann-sensei! », répondit le voisin, un garçon d'une douzaine d'années. « Belle journée aujourd'hui, n'est-ce pas? »
Le soleil était déjà haut dans le ciel et les oiseaux chantaient la joie de retrouver leur bien-aimé printemps.
- « Oui, ça annonce plein de bonnes choses ça. »
Sur ces mots pleins d'espoir, le professeur partit en direction du lycée en suivant la route de bêton noire. Par chance, il avait trouvé un studio non loin du lycée, ce qui réduisait la distance à parcourir. Le Japon le fascinait, c'était d'ailleurs cette curiosité qui avait provoqué la rencontre de Friedrich avec le directeur de Tenmaru. Et dix ans plus tard, le voilà qui était au Japon! Et grâce à son ami, il avait obtenu un poste comme enseignant de japonais.
- « Eh? », s'exclama une voix féminine derrière Friedrich. « Faustmann-sensei? », fit-elle, en écorchant au passage le nom de l'enseignant, alors que ce dernier se retournait.
C'était une jeune fille d'environ treize ou quatorze ans. Elle avait dans son regard une lueur espiègle qui en disait long sur son caractère. Ses long cheveux ondulaient gracieusement, au gré du vent printanier qui laissait entendre son chant.
- « Ah! », recommença-t-elle en regardant sa montre. « Vite! Je vais être en retard! Désolé professeur, mais je dois y aller! »
Et elle continua sa course endiablée. Friedrich se demanda qui cela pouvait-il être. Il fallait dire qu'avec l'absence de petit-déjeuner assez tôt dans sa vie, la capacité mémorielle, en grande partie fournie par les nutriments absorbés le matin, ne s'était pas développée assez chez ce professeur pour qu'il pût se souvenir de toutes les personnes qu'il rencontrait. En y ajoutant sa perte de mémoire progressive et aléatoire liée à son statut de Schamane, il était normal qu'il ne se souvienne pas de certaines personnes.
- « Bonjour! », lança avec enthousiasme HAUSSMANN-sensei, en arrivant dans sa classe de première année.
Cet enthousiasme avait toujours été l'un de ses traits de caractère, même s'il n'avait pas évolué de la même manière. Sa classe lui sourit en retour, ce qui était une joie pour le professeur qu'était HAUSSMANN-sensei. Le professeur était en effet de ces gens qui aimaient être appréciés des autres. C'était un comportement tout ce qu'il y avait de plus normal chez une personne qui avait eu une enfance difficile: maltraité par ses « camarades » parce qu'il était différent, il avait trouvé refuge dans le sourire d'autres personnes à qui il rendait service. Mais ce n'était qu'une illusion destinée à cacher, ce qu'il était en réalité, c'est-à-dire un monstre d'égoïsme qu'on ne pouvait arrêter. En effet, ses actions n'avaient pour seul but que d'instiller de la reconnaissance chez les autres. En l'occurrence, il cherchait ici à susciter le sourire, l'amabilité des gens par ce comportement.
- « Professeur! », l'interpella l'une de ses élèves. « Je ne comprend pas ce que vous venez d'écrire. »
Et en effet, il n'y avait aucun moyen qu'elle comprenne la phrase écrite au tableau par Friedrich, sauf si elle avait une connaissance de l'allemand assez riche. Le professeur étourdi corrigea sa phrase écrite dans un allemand parfait pour la mettre dans un japonais moins parfait. Ce genre de maladresses lui arrivait souvent, c'est d'ailleurs ce qui avait conduit ses élèves à venir le voir à la fin des cours pour lui demander dans quelle langue il écrivait lors de ses égarements réguliers. Après leur avoir expliqué ses origines, ils avaient manifesté le désir d'avoir des cours d'allemand dispensés par HAUSSMANN-sensei lui-même. Leur curiosité à l'égard de sa langue, et à travers cette dernière, de sa culture, l'avait touché. C'est pourquoi il avait accepté. Après tout, s'il lui fallait laisser derrière lui un héritage, autant enseigner son langage. N'était-ce pas le propre de l'Homme que de vouloir perdurer après sa mort en utilisant des moyens tels que la descendance, ou encore un enseignement laissé ante-mortem* ? Bien sûr que si, et c'était ce que les gens comprenaient quand ils disaient : « je serais toujours en toi » ou encore « ma mémoire t'accompagnera toujours ».
Telles étaient ses pensées, alors que la sortie du lycée pointait le bout de son nez de fer. Friedrich laissa le lycée derrière lui et apprécia sur le chemin du retour la douceur d'un printemps caressant. Il croisa un jeune homme au visage fermé, dont la mèche de cheveux blancs, par la poussée de la légère brise qui se levait de temps à autre, flottait devant ses yeux. Il leva la tête puis fixa intensément le professeur, qui continua néanmoins sa route avec un calme trompeur. En effet, quand ils se croisèrent enfin, Friedrich entendit au plus profond de son être le glas qui annonçait la fin des jours paisibles...

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#Posté le vendredi 03 juillet 2009 04:02

Modifié le samedi 07 août 2010 13:59

[e]: 3 -TENMARU Ayumi- (V.2)

[e]: 3 -TENMARU Ayumi-




La cloche du lycée Tenmaru sonna la première heure du troisième jour de cours après la rentrée d'avril*. Les élèves, certains enthousiastes, d'autres déjà fatigués, entraient dans leurs classes respectives. Makino s'assit, non sans un pincement au c½ur, à sa place habituelle, loin de Keitarou. Le professeur de japonais, visiblement étranger, entra dans la salle de classe avec le visage d'un mort-vivant, comme à son habitude.
- « Bien! », lança-t-il d'un ton enthousiaste qui ne collait pas avec sa petite mine et son corps chétif. "Commençons le cours!"
C'est durant ce cours que TENMARU Ayumi, fille du co-fondateur et directeur actuel du lycée Tenmaru, sentit qu'on l'observait. Elle se retourna pour se retrouver nez-à-nez avec un élève qui la regardait d'un air niais.
- « Eh bien. Encore l'un de ces stalkers* » , pensa Ayumi.
Cet élève, d'après l'appel que venait tout juste d'effectuer le professeur, s'appelait YAMADA Keitarou. « Un nom bien ordinaire* », pensa encore Ayumi, qui avait plutôt un faible pour les personnes mignonnes. Et justement, elle en avait une dans sa ligne de mire: SUZUKI Makino. Les petites tâches de rousseur sur le bout de son nez, sa petite taille, sa façon de s'habiller, tout était là pour faire craquer Ayumi.
- « Ça ne te dérange pas si je t'accompagne pour le déjeuner? », proposa cette dernière à Makino.
- « Bien sûr que non », répondit Makino avec enthousiasme. « Justement, j'allais demander à Keitarou-kun* de se joindre à nous. Ça ne t'embête pas au moins? »
- « Keitarou-kun? Ah, tu veux dire Yamada-san. Eh bien non, ça ne me dérange aucunement. Après tout, plus on est de fous, plus on rit. »
- « C'est vrai », répliqua Makino en riant.
En fait, Ayumi n'était pas en phase avec les garçons du genre de Keitarou-kun. La raison en était simple: elle trouvait qu'il avait un comportement trop mou, malgré qu'il soit plutôt beau. Finalement, tout ce qu'on pouvait retenir de lui, c'était qu'il n'avait pas de personnalité marquante.
- « Dis-moi, Ayumi-chan », trancha Makino qui arrivait avec un Keitarou aussi inexpressif qu'à son habitude". "Est-ce que tu t'intéresses aux jeux vidéos?"
- « Ayumi-chan? », pensa l'intéressée avec amusement.
- « Je joue au mah-jong sur mon PC, mais ça ne va pas plus loin. »
- « A quoi tu t'intéresse alors? », continua Makino, curieuse.
- « Eh bien, je lis beaucoup. Surtout des thrillers psychologiques. »
Le visage de Makino s'illumina.
- « Moi je lis des romans policiers. J'aime les mystères à vrai dire. »
Keitarou écoutait la conversation en mangeant, heureux de ne pas être la victime de l'interrogatoire ennuyeux de Makino.
- « Eh bien dans ce cas, tu devrais t'inscrire au club de journalisme. »
- « Ah mais ouais! », s'exclama une Makino excessivement enthousiaste (comme à son habitude, pourquoi l'auteur précise?). « Comme ça, je pourrais enquêter sur le mystérieux 'Joueur'* ! »
- « Le 'Jureur'? », fit Keitarou, essayant de répéter le mot étranger que venait de prononcer Makino.
- « Eh bien non », corrigea Ayumi. « C'est le 'Joueur'. »
- « C'est qui? », demanda Keitarou qui avait abandonné la prononciation.
- « C'est un type qui s'amuse avec la police japonaise », répondit Makino d'un air sérieux (oui, elle pouvait aussi avoir l'air sérieuse!). « Il leur envoie des énigmes ou bien laisse des cadavres découpés en morceaux et disposés en hiragana pour laisser des messages à la police. Il échappe à cette dernière depuis huit ans maintenant. »
Keitarou sembla réfléchir.
- « Je me demande ce qui empêche la police d'arrêter ce 'Jureur' ... », dit-il évasivement.
Makino et Ayumi commençèrent enfin leur repas. Keitarou, lui, avait déjà fini depuis quelques instants. Cinq minutes avant la reprise des cours, tandis que nos trois compagnons étaient encore attablés, Ayumi répondit à Keitarou:
- « A mon avis, ce sont ses méthodes déroutantes qui rendent le 'Joueur' si difficile à arrêter. »
- « Ah... », répliqua Keitarou, qui n'avait pas d'intérêt particulier pour un type pareil.
Pourtant, l'incapacité de la police à mettre la main sur cette mystérieuse personne rendait Keitarou curieux de savoir quels méthodes mettait en oeuvre le 'Jureur' pour effacer ses traces.
- « Eh bien oui », confirma Ayumi. « La police japonaise a mentionné dans son premier rapport sur le 'Joueur' qu'elle n'avait pas l'habitude de ce genre de pratique chez les criminels japonais. Ils sont donc déstabilisés, et ne peuvent pas, par conséquent, mener une enquête organisée. »
- « C'est vrai que généralement, l'Homme exposé à un obstacle perd de vue ce qu'il y a au-delà », déclara Keitarou sur un ton savant. « C'est ce que tu essayes de me dire? »
Ayumi était impressionnée de voir que celui qu'elle considérait comme un garçon mou avait de la répartie. Qui plus est, il avait eu une réflexion très juste. Notre première de la classe pensait également que de tels obstacles empêchaient les gens de rester concentré sur leur objectif initial. Cela amenait à une perte d'objectivité. Elle-même s'était penchée sur certains détail de l'enquête en cours sur ce « Joueur », et elle était arrivée plus loin que la police dans ses conclusions, et ce, grâce à son recul sur la situation.
- « Eh bien oui, c'est ça, à peu de choses près », répondit une Ayumi désorientée par sa nouvelle vision de Keitarou.
La cloche retentit, puis l'heure du repas fit place à l'heure des cours.
- « Eh bien. Le professeur avait vraiment l'air mal en point aujourd'hui », pensa Ayumi pendant le cours qu'assurait ce même professeur.
En effet, il toussait assez souvent et avait une mine encore plus fatiguée qu'à son habitude. Mais il continua courageusement le cours jusqu'à la fin. Quant à Ayumi, elle prit de plus en plus conscience du regard de Keitarou, et ce sentiment d'être observée l'embarrassa, bien que l'agacement était habituellement le sentiment qui s'instillait en elle à cause de la manie de son camarade. La fin des cours sonna, et Ayumi se dépêcha de rentrer dans ses appartements, au troisième étage du lycée, à côté du bureau de son directeur de père. Ayumi regarda longuement par sa fenêtre avant de voir Keitarou sortir du bâtiment en compagnie de Makino. Il rentrait chez lui. Ayumi s'était fait deux amis aujourd'hui, et elle en était fière...
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#Posté le mercredi 17 juin 2009 02:55

Modifié le samedi 31 juillet 2010 15:34

[e]: No Spiff [e]: 3 -Passé X présent X futur-

[e]: 3 -Passé X présent X futur-


« Le Rotanium est notre arme contre un nouveau genre de Démon: BakuPop! »


Elle luttait contre le froid et la faim qui rongeaient tour à tour son corps rendu chétif des conséquences de ce combat. Elle déposa l'enfant qu'elle portait enroulé dans des couvertures sur le sol, à un endroit où la pierre avait été érodée. Au fond de la cavité où elle abandonna l'enfant brillait une lueur rouge qu'elle ne remarqua pas. Elle tourna simplement les talons et laissa là le nourrisson étrangement calme, comme attiré par le rouge flamboyant qui le berçait...
Un matin brumeux poignait quand des voix se firent entendre au loin .
- C'est dans cette ville qu' « elle » a été érigée?, demanda la première silhouette.
- C'est ce que Sir Albert nous a rapporté, oui, répondit une deuxième silhouette, imposante.
- Tiens?, fit cette même silhouette en s'arrêtant. J'ai marché sur quelque chose de mou...
En effet, elle avait marché sur le bébé endormi qui n'avait pas bronché sous la pression du pas. La silhouette, curieuse de savoir ce que son pied avait foulé, s'accroupit puis tâta le sol.
- Tiens?, lança encore la silhouette en touchant le petit corps inerte sous les couvertures. Mais c'est un corps humain!
- Comment ça, Iwein?, répliqua la première silhouette.
Le (la) dénommé(e) Iwein s'empara du bébé qu'il tendit à son compagnon.
- Vois par toi-même.
L'intéressé(e) ne bougea pas, et Iwein abandonna l'idée de lui confia sa minuscule charge. Les deux silhouettes continuèrent leur route, laissant Iwein dans sa réflexion.
- Je le prends, décida-t-elle résolu(e), après quelques minutes.
Son (sa) compagnon (compagne) se retourna lentement, puis s'exclama: 
- Pardon!?...
Le jour s'était levé sur Antrim*, et ses habitants vaquaient à leurs occupations quotidiennes. Le maire, lui, recevait le forgeron du village pour des problèmes liés au fer.
- Vous dites « une dégénérescence anormalement rapide du fer »?, demanda le maire, un vieil homme décrépit mais sage.
Le garant des affaires du village était abasourdi par une révélation aussi surprenante, surtout dans une ville aussi paisible et prospère.
La ville d'Antrim avait effectivement été de tous temps bénie par les Dieux car épargnée par les éléments qui frappaient les villes et villages alentour. Bien sûr, cela était dû, non pas à la chance, mais à une barrière magique érigée par les ancêtres des habitants de la ville.
- Oui, répondit l'interlocuteur du maire en proie à la panique, et ça ne peut plus durer comme ça monsieur le maire! Je ne peux même plus faire mon travail correctement sans que le fer que je travaille ne se brise comme du cristal!
Le maire, l'air perplexe, observa le forgeron pendant quelques minutes d'un lourd silence.
- Monsieur le maire!, s'impatienta l'homme musclé qui lui faisait face.
Le maire sursauta, comme surpris par la présence de l'imposante montagne, l'air toujours aussi affolé.
- Oui, oui, je vais demander à ce qu'une enquête soit ouverte Bronagh. Je tiens l'affaire entre mes mains, ne t'en fais pas.
Le maire était homme à rassurer n'importe quel individu angoissé. En effet, il possédait un charisme qui rendait ses propos crédibles et une aura chaleureuse qui apaisait les c½urs les plus troublés.
Le dénommé Bronagh s'en était allé confiant, laissant le maire à sa réflexion.
- Quelle pouvait être la raison de cette soudaine dégradation du fer de nos mines? Existait-il vraiment une maladie qui affectait la stabilité des électrons gravitant dans ce minéral?
Coupant court à toutes ces questions, on toqua à la porte du modeste bureau. Le maire invita la personne à entrer. Pourtant, ce ne fut pas une, mais trois personne qui entrèrent dans la pièce.
- Bonjour monsieur le maire, salua celui qui semblait le plus jeune.
D'une vingtaine d'année, il était blond vénitien aux yeux verts. Sa peau était anormalement mat pour une peau habituée à cette région où le beau temps était un luxe.
- Nous voudrions vous parler, informa-t-il le maire.
Mais le maire ne sembla pas l'entendre.
- C'est à propos du problème de fer dans la région, déclara le deuxième larron qui lui, portait un bébé dans une écharpe de portage.
C'était un gros homme d'une taille impressionnante et aux yeux bienveillants. C'était le plus avenant des trois hommes. Il portait quant à lui une chemise tibétaine à ouverture latérale qui dévoilait un ou deux bourrelets et un sarouel indien, le faisant sembler plus gros qu'il ne l'était déjà. Le bébé qu'il portait était éveillé mais silencieux, observant le maire avec les yeux d'un être conscient de la situation. Ce fut une expérience tellement éprouvante pour le maire qu'il en détourna les yeux.
- V... vous savez quelque chose à ce propos?, bégaya le maire surpris.
- Oui, répliqua la masse en se grattant frénétiquement derrière l'oreille. Ça peut être dur à croire, mais il existe une sorte d'entité sous forme spirituelle dans la nature. On l'appelle Elementrack*.
Le maire écarquillait les yeux à mesure que l'homme bien en chair continuait son histoire.
- Si vous êtes venus ici pour vous moquer de moi, ça n'est pas très malin. Gardes!
Deux hommes aussi maigrelets que le maire entrèrent dans la pièce. Ce fut plus les lances acérées qu'ils pointèrent en direction de nos hommes qui obligea ces derniers à se soumettre.
- Aaaah..., soupira l'homme en déposant le bébé devant lui alors que les barreaux de la prison se refermaient sur nos trois mystérieux inconnus. J'en ai plus que marre de me retrouver dans cette situation...
- C'est à Sir Albert qu'il faut te plaindre, Iwein, lança le blondinet d'un ton acide.
Il semblait excédé, non pas par le comportement de son camarade mais par celui des gens qu'ils venaient sauver. Cette histoire d'Elementracks était peut-être difficile à croire, mais de là à les jeter en prison... Derrière ce geste exagéré du maire se cachait sa peur de voir ses citoyens informés sombrer dans la panique la plus totale. Après tout, c'était une attitude normale chez l'humain d'être effrayé par quelque chose d'impalpable.
- Bon! Vous me réveillerez à l'heure du repas, déclara Iwein en s'allongeant...

Il n'y est plus, il l'a absorbé
                             Un être humain est donc compatible?

Apparemment. Il faut le
retrouver avant qu'il ne
prenne forme dans son corps.

                                   Hum... ça faisait longtemps que je n'avais
                          pas eu l'occasion de m'amuser...

- On se réveille là-d'dans!, lança rudement le gardien.
Nos compagnons emprisonnés avaient fini par tous s'endormir sur le sol gelé de la geôle dans laquelle ils avaient élu résidence. Malgré le sol, ils dormaient assez bien pour ne pas se réveiller à l'appel du gardien.
- Ah... ils sont morts à cause du froid à tous les coups..., se dit le gardien en s'apprêtant à refermer la cellule.
- Bouah!
Le gardien se retourna et vit le bébé, les yeux grands ouverts et observant le gardien avec une curieuse sagesse.
- T'es encore vivant toi!, s'exclama le geôlier. Bah, il y aura bien assez de place pour toi dans la fosse...
Sur ces mots, il sortit de la cellule... sans la fermer.
- Réveillez-vous!, ordonna simplement le troisième individu, un homme (à en juger par sa voix) encapuchonné.
Tous se réveillèrent.
- Tiens!?, fit Iwein en regardant la porte de la cellule d'un air incrédule. La porte est...
Il se tourna vers son discret compagnon.
- C'est toi qui...?
- Hum... disons que c'est un oubli du gardien.
- Bon, ne trainaillons pas dans ce trou à rat, lâcha brusquement le jeune homme au teint mat. Cet idiot de gardien est sûrement allé trouver son supérieur pour l'avertir qu'on est « morts »
A ces mots, il se leva puis sortit de la cellule sans demander son reste. Ses compagnons le suivirent. Arrivés à l'extérieur, le soleil les éblouit. Il fallait dire qu'il ne l'avait pas vu depuis belle lurette. L'irlande était un endroit tristement célèbre pour sa météo souvent exécrable. Mais ils étaient à présent à l'intérieur de la barrière magique, alors ils ne risquaient pas de se mouiller si ce n'était de leur sang.
- Bon, on va où maintenant?, demanda Iwein qui avait suivi son partenaire sans se poser de question.
Il fallait être franc: ils étaient maintenant au pied du mur. Le maire avait refusé de les écouter, et la situation ne changerait sûrement pas au vu des antécédents de cet homme.
- On va avoir besoin d'une Ambassadrice* les gars, informa le jeune homme.
- Oh non, tout mais pas ça, supplia Iwein en levant les yeux et les poings au ciel. Je déteste ces Elementracks!
- Ah bon? Tu ne me l'avais jamais dit..., fut tout ce que trouva à répondre son jeune compagnon.
Ce dernier n'aurait pas osé l'appuyer puisqu'il était victime de la phobie des Elementracks. En effet, des Elementracks Silvestres l'avaient attaché au tronc d'un arbre il y avait des années de cela. Il avait cru sa fin proche quand Sir Albert l'avait trouvé, détaché, et fait promettre d'entrer chez les Linkers.
- Pas besoin de te le dire, je sais que tu es déjà bien assez embêté avec tes propres peurs.
Son interlocuteur fit la grimace en se demandant comment son acolyte avait su.
- Euh... revenons à nos moutons, dit-il, éludant le sujet. Il me semble me rappeler que l'Ambassadrice qui vit dans la barrière est boulangère. C'est bien le cas?
- Oui, j'ai entendu la même chose. Si Sir Albert n'a rien dit là-dessus, c'est que rien n'a changé. Ça tombe bien, j'ai une petite faim...
Midi sonna, l'heure de manger pour tout individu, qu'il soit citoyen ou prisonnier. C'est dans cette conjoncture que le geôlier Ó MURCHÚ Donnel vint apporter leur repas aux prisonniers qu'il avait laissé quelques heures plus tôt. Toutefois, tout ce qu'il trouva fut une cellule presque vide. Ses anciens occupants avaient effectivement laissé un petit quelque chose en souvenir. Donnel entra dans la cellule pour confirmer ce qu'il avait vu: c'était une couche usagée sur laquelle une phrase était écrite: « merci de l'accueil ». Notre surveillant de prison se précipita hors de la prison pour aller alerter ses collègues de la fugue de nos quatre larrons...
- Je vois..., fis la boulangère. Si j'ai bien compris, vous cherchez L'Ambassadrice?
- C'est cela même? Répondirent en ch½ur Iwein et son cadet. Une idée sur la question?
- Ais-je une tête à vouloir m'amuser? Je travaille moi! Allez ouste! Du balai!
Nos trois infortunés quittèrent les lieux, vaincus.
- Quelle mégère!, s'emporta le blond.
- Moi je suis sûr que c'est elle l'Ambassadrice, et qu'elle rit bien de nous maintenant qu'elle nous a congédié!
Le jeune homme frissonna aux mots d'Iwein.
- Dis pas ça! Tu veux nous porter malheur?
- On ne porte pas malheur.
- Ah bon? J'étais pourtant sûr que..., commença le petit blond de la bande avant de se pétrifier, la fin de sa phrase prisonnière de son esprit à jamais.
La personne qui avait prononcé ces mots était une vieille dame au visage lisse et aux cheveux d'un blanc qui faisait immédiatement penser à la neige la plus pure. Les yeux de la vieille femme riaient et la moue qu'elle affichait se moquait.
- Pourquoi me cherchiez-vous?, demanda la vieille dame sans ambages.
Et là, ce fut l'encapuchonné qui répondit.
- Nous venons pour vous faire retirer la barrière.
- Oh, jolie cape rouge. Vous devez être Azriel, n'est-ce pas?
Le présumé Azriel se tut, interdit. L'ambiance se fit lourde. Ne tenant plus dans cette atmosphère devenue électrique, Iwein parla.
- Peu importe qui c'est, répondez-nous je vous prie, supplia-t-il avec sincérité.
L'ancienne se mit à rire franchement.
- Voilà un jeune homme bien poli. J'acce...
L'ambassadrice ne l'avait pas vu au premier abord, mais c'est quand le bébé la regarda que son ½il fut attiré. Elle tourna donc la tête, et sa bouche forma un « O » alors que ses yeux exprimaient la surprise entremêlée de peur.
- Vous possédez une bien dangereuse créature, expliqua-t-elle à Iwein en reprenant lentement son calme. Savez-vous qui est ce bébé que vous portez mon jeune ami?
Iwein regarda le bébé avec imcompréhension.
- Je devrais?
- Un peu que vous devriez! Il n'est autre que l'inca...
Une flèche transperça la vieille femme de haut en bas, laissant son sang d'Elementrack asperger la foule à foison. Alors que nos trois compagnons étaient sous le choc et la foule en panique, une ombre se faufila entre la cohue de gens et s'empara du bébé sans un bruit, de sorte que personne ne le remarqua. Personne sauf une silhouette encapuchonnée qui suivit l'ombre à l'écart de la foule...


...To be continued...
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#Posté le samedi 21 août 2010 13:38

Modifié le dimanche 22 août 2010 07:57

[e]: No Spiff [e]: 2 -Sortie X disparition X rencontre









« Dis-moi, est-ce que notre rencontre était le fruit d'un 'N½ud'? »



- « Bien, C'est tout pour aujourd'hui », fut la conclusion du dernier cours de la journée.
C'était Tôma sensei, le prof d'histoire du Japon. Il était doué d'un ton monocorde qui rendait ses cours soporifiques à souhait. Quand je disais « à souhait », ça signifiait qu'il y avait mis une pincée de trop.
Je sortis donc avec empressement, suivi d'une Mashiro chan à moitié endormie.
- « Je sais pas pour toi », dit-elle, « mais moi j'ai un coup de barre alors que je me sentais si bien avant ce cours. Tu crois que je devrais désormais le sécher? »
- « Je crois bien », répondis-je, content de voir qu'elle partageait mon ennui, « et je le sécherais avec toi. »
Nous rigolâmes, heureux de cette complicité. Nous ne nous doutions pas du drame qui allait se jouer dans notre paisible Sapporo...
Le lycée Teruman était situé dans la circonscription de Chûô ku* qui possédait un centre de bowling. J'avais remarqué que Mashiro me suivait assez facilement si je ne disais rien pour l'en dissuader; je profitai donc de cet état de fait pour me diriger vers le bowling, l'air de rien.
Arrivé devant le bâtiment qui affichait « Bowling Maru », je me tournai vers Mashiro chan.
- « Nous y voilà », annonçai-je, satisfait de mon effet de surprise.
Mais Mashiro chan ne me regardait déjà plus: ses yeux brillait de curiosité d'entrer dans ce lieu.
- « Tu... tu n'es jamais allée au bowling? », demandai-je, ébahi.
Elle tourna la tête et la leva pour me regarder l'air boudeur. Puis elle se détourna de moi dans un geste de dédain qui me plut plus que ça ne me vexa. Elle entra sans m'attendre dans le club de bowling. Je la suivis.
Je payai bien sûr la partie et les boissons pendant que Mashiro chan était chargé de mettre l'ambiance. Parce que si elle était de temps en temps boudeuse, elle retrouvait très vite son humeur joyeuse. Nous entamâmes donc une partie de bowling alors que les gens commençaient à entrer au « Bowling Maru ».
Je devais avouer que Mashiro chan jouait plutôt bien pour quelqu'un qui n'avait « jamais fait de partie de sa vie » (dixit* Mashiro), et j'aurais certainement apprécié la partie si Mashiro avais porté autre chose comme vêtement. En effet, j'aurais du penser à une autre activité en voyant Mashiro chan porter cette robe-pull rose pâle trop courte pour qu'on n'aperçoive pas ses sous-vêtements. Généralement, ce vêtement s'accompagnait d'un collant, mais la chaleur de ce mois de septembre avait sans doute convaincu Mashiro chan de rester jambe nue. Je n'osais lui faire de remarque, de peur qu'elle le prenne mal, mais je ne pouvais décemment pas laisser les jeunes des deux terrains voisins continuer à épier Mashiro chan (qui plus est sans aucune discrétion). Je m'apprêtais à mettre fin à notre partie avec un stratagème vieux comme le monde (après tout, ne dit-on pas que « la fin justifie les moyens »?) quand j'aperçus un vieux pointer son appareil photo numérique en direction de Mashiro Chan.
- « Mince! J'allais oublier notre séance de cinéma! », mentis-je effrontément (mais après tout, ne dit-on pas...).
- « Quelle séan... », commença-t-elle, mais je ne la laissai pas finir et la pris par le bras une seconde avant d'apercevoir le flash lumineux.
Ouf! Mashiro chan venait d'échapper de peu à un meurtre social.
- « C'est quel film? », me demanda Mashiro avec légitimité.
Après tout, je l'avais brusquement enlevée alors que nous faisions tranquillement une partie de bowling, je lui devais une explication.
- « Euh... », bredouillai-je en cherchant mentalement une excuse qui soit à la hauteur. « eh bien... tu verras! »
Pathétique!
Nous marchions en direction du cinéma le plus proche. Je le connaissais plutôt bien car j'avais passé mon été à l'intérieur. En allant voir un film quelconque pour passer le temps, j'étais tombé sur KURONAKA san, le projectionniste. On avait discuté et on s'était plutôt bien entendus. Il m'avait proposé de venir voir certains films parmi les meilleurs qu'il avait vu et j'avais suivi son conseil. Grand bien m'en avait fait: j'avais adoré tous les films qu'il m'avait exhorté à voir.
En entrant dans le cinéma Je me rappelai que KURONAKA san projetait les films dans la salle 3. Oui, c'était un cinéma assez grand pour contenir 3 salles, un accès aux handicapés par ascenseur et un choix de friandises qui ferait hésiter à en rater le début du film! Nous arrivâmes à la caisse où je payai pour le film qui allait commencer dans cinq minutes. Quelle chance!
Apparemment, il s'agissait d'une version cinématographique du jeu vidéo KaiPatsu. C'était de belles images de synthèse animées avec qualité. Rien à redire. Mashiro chan parut elle-même contente d'avoir été traînée dans cette salle. Elle était concentrée sur le film comme pouvait en témoigner son visage qui changeait d'expression en fonction des actions du film.
Nous sortîmes de la salle ravis, bien que laissés sur notre fin avec ce premier épisode d'une trilogie annoncée. Ça me fera une excuse pour inviter Mashiro chan au cinéma. Nous avions marchés une bonne centaine de mètre après la sortie du cinéma quand je me retournai pour inviter Mashiro chan à manger une glace. Mais elle n'était plus là! J'eus beau remuer la tête à droite et à gauche pour balayer la rue du regard, aucune trace d'elle!
- « AKUSHIN san! », appelai-je avec difficulté.
Pourquoi avait-elle un nom si tordu? Je serais contraint de lui demander de me laisser l'appeler par son prénom.
- « AKUSHIN san!! », essayai-je à nouveau.
Rien. J'étais sûr qu'elle me referais le coup de la veille! Attends... ce ne serait quand même pas... Je courus de toutes mes forces en direction du cinéma et m'arrêtai devant. Elle ne semblait pas dans le hall d'entrée, mais qui sait... elle était peut-être aux toilettes. J'entrai donc pour me renseigner auprès de la caissière.
- « Une fille aux cheveux courts qui cachent son ½il droit, et une lueur étrange dans son ½il gauche... », récapitula la femme qui tenait la caisse.
- « Voilà », confirmai-je en hochant la tête, pressé d'avoir ma réponse.
Seulement, cette caissière était manifestement lente d'esprit; j'attendis 5 bonnes minutes avant qu'elle ne se décide. Et le verdict fut: disparue sans laisser de traces. Je décidai donc de rentrer chez moi, n'ayant rien de mieux à faire en ville. Sur le chemin du retour, un bruit venant d'une ruelle sur ma droite se fit entendre. Je m'avançai vers la source de ce bruit pour vérifier de quoi il retournait.
- « ... votre cachette », terminait le gorille alors que j'arrivai dans son dos.
De ma position, je pouvais juste apercevoir le dos du géant qui, tel un mur, se dressait entre moi et Mashiro chan. Car oui, Mashiro chan était retenue par un autre homme tout aussi costaud, mais moins grand que son compère. Il tenait outrageusement Mashiro chan par les deux bras pendant qu'elle restait immobile, regardant son interlocuteur avec un regard calme. Je ne sais pas comment, dans un moment pareil, je pus remarquer tant de détails. Peut-être la peur avait-elle eu raison de mes jambes, et je compensais la frustration ainsi provoquée en laissant mon sens de l'observation s'exprimer.
- « Et frangeain! T'a un mousheron colé dent ton daud », avertit le séquestreur de Mashiro chan.
La montagne qui me tournait le dos jusque là effectua un rotation pour se retrouver face à moi. Sa tête allait bien avec son corps: d'une grossièreté à faire fuir un moucheron, elle était surmontée d'une coupe à l'iroquois qui ne la rendait que plus laide. J'avais honte d'être de la même nationalité que cet homme. Ses petits yeux diaboliques me scrutèrent un moment.
- « Ont le prant eauci », déclara-t-il sans même me demander mon avis. « Il a vu naux vizaje; j'veuh qu'y meurt! »
Et c'est ainsi que je me retrouvai entre les mains des agresseurs de Mashiro chan.
Pathétique!
Ils nous firent monter dans un coupé sport rouge au blason de Ferrari! Mais qu'est-ce que...?! Cette histoire devenait de plus en plus grotesque, il fallait arrêter son auteur et le mettre entre les barreaux avant qu'il ne commette un crime plus grave!
- « Tu va arètai deux t'ajité! », gronda le plus grand des deux alors que je cherchais un moyen de m'échapper de cette porcherie.
En effet, on ne pouvait vanter que l'extérieur de cette belle Ferrari car l'intérieur évoquait une poubelle mobile: paquets de cigarette, sachets de ce qui avait jadis contenu de la nourriture de chez Hurry 'n' Fast, cannettes de bière et j'en passe... étaient éparpillés un peu partout sur les sièges et par terre. Aussi, non seulement on se faisait enlever, mais en plus on risquait d'avoir un accident à cause d'une cannette qui aurait roulé sous la pédale de frein!
Je me décidai enfin à me calmer et me concentrai sur Mashiro chan qui était toujours aussi calme.
- « Tu peux m'expliquer? », exigeai-je.
- « Ces deux lourdauds m'ont sauté dessus alors que je traversais la ruelle où tu nous a trouvé », mentit-elle éhontément.
Je ne lui en fit pas la remarque, mais je n'en pensai pas moins. J'étais certain qu'elle connaissait ces hommes.
Nous arrivâmes bientôt dans une luxueuse demeure où la Ferrari se gara.
- « Descendez! », aboya le plus petit des deux larrons.
« Les petits chiens aboient mais ne mordent pas », ne m'empêchai-je de penser. Je m'exécutai néanmoins. Après tout, les chiens étaient imprévisibles.
Les deux gorilles nous fîmes entrer dans le manoir en nous maîtrisant. Je ne me débattis pas, occupé à observer notre hôte. Il se tenait en haut des escaliers qui faisaient face à la porte d'entrée du manoir. Il était étranger à en juger la couleur de ses cheveux et de ses yeux. Il avait en effet de longs cheveux blonds et des yeux d'un bleu stéréotypé. D'ailleurs, tout était stéréotypé chez ce pseudo-prince. La preuve: il habitait dans un manoir! Quand il s'exprima, ce fut néanmoins avec un japonais clair et concis.
- « Jeune fille, où est le 'complet'? »
Un type moins intelligent que moi aurait compris que ce type attendait son menu commandé dans le fast-food du coin. Bien sûr, il n'en n'était rien: il attendait « autre chose ». Mais Mashiro chan détourna son regard de cet homme dans un mouvement de dédain.
- « Et si nous torturions ton compagnon? », proposa-t-il, affichant un sourire bienveillant qui contrastait avec la teneur de sa suggestion.
Mais Mashiro chan ne répliqua pas, insensible. Merci...
- « Bien, emmène-le, KUWASHITA! », ordonna-t-il à l'homme qui me retenait prisonnier.
« KUWASHITA » m'emmena donc dans une autre pièce où il me fit asseoir sur une chaise qui n'était apparemment pas du même style que la demeure: sale et usée, il lui manquait même un pied. Le géant me laissa seul dans la pièce. Je m'abandonnai donc à la réflexion. Qu'était ce « complet » dont avait parlé l'étranger? Mashiro chan avait-elle vraiment quelque chose à voir avec ces types? Tant de questions se bousculaient dans ma tête que je ne m'en aperçus même pas...
Plusieurs minutes plus tard, j'étais libre et je courrais en direction du hall, me fiant à ma mémoire qui ne m'avait jamais trahi jusque là. Je retrouvai assez facilement le chemin et débouchai sur le hall d'entrée dans lequel j'avais rencontré le pseudo-prince. Il n'y avait plus âme qui vivent. S'étaient-ils tous isolés dans une autre pièce? Ça allait être coton de trouver leur cachette dans cet immense manoir. Je me mis au travail et commençai par la pièce qui surplombait les escaliers en haut desquels s'était tenu l'étranger il y avait quelques minutes de cela. Je poussai la porte à double battant en même temps qu'un cri de surprise: ils étaient là! Ils avaient manifestement attaché Mashiro chan et la « cuisinait ». Le compère de KUWASHITA, un couteau à la main, tailladait les bras de Mashiro chan qui pleurait silencieusement.
- « Évidemment, elle ne maîtrise pas assez son pouvoir pour isoler la douleur », expliqua mon sauveur derrière moi.
Ce dernier, un japonais d'une vingtaine d'années aux cheveux longs, cachait son visage avec ses cheveux, empêchant quiconque de juger de sa beauté. Il était grand et imposant, mais ses mains et ses pieds étaient ridiculement petits. Il portait une combinaison comme j'en avais vu porter des membres du SWAT à la télé. C'était lui qui m'avait détacher il y avait quelques instants en se présentant sous le nom de AKIZUKI. Mais il ne m'avait pas plus expliqué la situation que ne l'avait elle-même fait la présente Mashiro chan.
AKIZUKI s'avança, leva un bras, et tous les séquestreurs furent projetés contre les différents murs de la pièce. Heureusement pour eux qu'ils étaient capitonnés. Profitant de leur perte de conscience, le sauveur s'avança vers Mashiro chan pour la libérer.
- « N'approchez pas Akizuki san! », le repoussa-t'elle. « Je suis en phase d'Hyper-Sensibilité! »
Apparemment, ils se connaissaient. En mon for intérieur, je dus avouer que j'étais jaloux.
Cet AKIZUKI s'arrêta tout net quand elle prononça ces paroles. « Hyper-Sensibilité »? Qu'est-ce que ça voulait dire? Mais je n'eus pas le temps de m'attarder davantage sur cette question car Mashiro chan s'adressa à moi.
- « Peux-tu venir me détacher, MUNASHIRO san? », me demanda-t-elle.
- « Mais tu n'es pas en phase d'Hyper-machin là? », demandai-je, un peu perdu.
- « Si... si c'est toi, c'est... c'est bon », dit-elle avec difficulté, comme si elle avait avalé un serpent.
Je rougis, embarrassé mais content qu'elle me porta une telle estime. Pourtant, ce ne fut pas une mince affaire avec Mashiro chan qui tremblait comme une feuille. Je m'aperçus qu'elle sursautait à chaque contact de mes mains sur ses petites paumes, et je me rappelai ses mots: « Je suis en phase d'Hyper-Sensibilité! », avait-elle dit. Je m'appliquai donc à ne pas la toucher, ce qui compliqua ma tâche.
Je finis par la débarrasser des derniers liens qui entravaient ses mains quand soudain, elle fit un bond en arrière. Ne comprenant pas, je me retournai, mais les agresseurs étaient toujours KO, et AKIZUKI se tenait à l'écart, les surveillant.
- « D... désolé », bredouilla-t-elle, « tu me détaches et voilà comment je te remercie... »
C'était donc ça.
- « Bah, ne t'en fais pas », la rassurai-je en voyant sa mine déconfite, « je suis juste content de voir que tu vas bien. »
Sur ces mots, elle se jeta dans mes bras et laissa ses larmes couler silencieusement .
Nous sortîmes du manoir comme nous l'avait intimé AKIZUKI. Il nous avait assuré qu'il s'occuperait du reste, je me demandais bien ce qu'il avait voulu dire par là... Mashiro chan s'était calmée et me tenait la main pendant que nous marchions sans destination spécifique.
- « Désolée de t'avoir mêlé à tout ça », s'excusa Mashiro chan.
- « Arrête », répliquai-je, agacé. « Je suis heureux de ne pas avoir été écarté de ça, au contraire. »
- « Tu as quand même failli te faire torturer! », s'obstina-t-elle. « Je me sens responsable de ne pas t'avoir donné d'explications. »
Je me tus. J'avais le sentiment qu'elle aurait besoin de quelques minutes de silence pour rassembler ses esprits et me donner cette explication.
- « Eh bien », amorça-t-elle, « par où commencer...? »
Elle marqua une pause, semblant réfléchir. Nous nous assîmes sur un banc libre près du parc de Ôdôri avant qu'elle ne débute son histoire.
- « Tout d'abord, il faut que je te dise... je suis une Schamane... »

...To Be Continued...
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#Posté le samedi 31 juillet 2010 14:59

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